Ce lexique de l'épilation laser définit simplement 40 termes essentiels, du cycle du poil (anagène, catagène, télogène) aux réglages de l'appareil (fluence, durée d'impulsion, spot). Il couvre aussi les technologies, les effets sur la peau et le vocabulaire réglementaire issu du décret n° 2024-470.

Lexique épilation laser : le glossaire du praticien

Ce lexique de l'épilation laser réunit les 40 termes qu'un praticien rencontre en formation, dans une notice d'appareil ou face à un client. Les définitions sont classées par thème, de la biologie du poil à la réglementation.

Biologie du poil

Le laser agit sur le poil vivant : comprendre sa structure et son cycle explique pourquoi plusieurs séances sont nécessaires.

Follicule pileux

Structure de la peau qui produit et ancre le poil. Sa partie profonde, le bulbe, contient les cellules responsables de la pousse : c'est la zone que l'épilation laser cherche à altérer durablement.

Cycle pilaire

Succession des phases de vie d'un poil : croissance, régression puis repos. Les follicules voisins ne sont pas synchronisés, ce qui explique qu'une seule séance ne puisse traiter tous les poils d'une zone.

Anagène

Phase de croissance active du poil. Le poil est alors relié au bulbe et bien pigmenté, ce qui en fait la phase où le laser est considéré comme le plus efficace.

Catagène

Courte phase de transition durant laquelle le follicule régresse et le poil se détache progressivement de sa base nourricière. Le laser y est moins efficace qu'en phase anagène.

Télogène

Phase de repos à l'issue de laquelle le poil tombe. Le poil télogène répond peu au laser ; le follicule repartira ensuite dans un nouveau cycle, d'où l'intérêt d'espacer les séances.

Poil terminal

Poil épais, long et pigmenté, comme ceux des aisselles, du maillot ou de la barbe. Riche en mélanine, c'est la cible la plus favorable à l'épilation laser.

Duvet

Poil fin, court et peu pigmenté, aussi appelé poil vellus. Faute de mélanine suffisante, il répond mal au laser, ce qui doit être expliqué au client avant le traitement.

Hypertrichose

Pilosité excessive par rapport à l'âge, au sexe ou à l'origine de la personne, pouvant concerner n'importe quelle zone du corps. Elle n'est pas liée aux hormones androgènes, contrairement à l'hirsutisme.

Hirsutisme

Chez la femme, développement de poils dans des zones à pilosité habituellement masculine, comme le menton ou le torse. Une origine hormonale pouvant être en cause, un avis médical est recommandé avant de traiter.

Physique du laser

Ces notions décrivent comment la lumière est absorbée par le poil et comment les réglages de l'appareil modulent son effet. Pour aller plus loin, voir notre page sur le laser diode à 4 longueurs d'onde.

Photothermolyse sélective

Principe de base de l'épilation laser : la longueur d'onde, la durée d'impulsion et l'énergie sont choisies pour que la lumière soit absorbée surtout par la cible, la mélanine du poil. La chaleur produite altère le follicule tout en épargnant au mieux les tissus voisins.

Chromophore

Molécule qui absorbe la lumière à certaines longueurs d'onde. En épilation, le chromophore visé est la mélanine ; l'hémoglobine et l'eau sont des chromophores concurrents qui absorbent aussi une partie de l'énergie.

Mélanine

Pigment qui colore le poil et la peau. L'eumélanine des poils bruns et noirs absorbe bien la lumière laser, la phéomélanine des poils roux et blonds beaucoup moins, et les poils blancs ou gris n'en contiennent presque plus. La mélanine de la peau absorbe aussi l'énergie, d'où la prudence sur les peaux foncées ou bronzées.

Longueur d'onde

Grandeur qui caractérise la lumière émise par un laser et détermine à la fois son absorption par la mélanine et sa profondeur de pénétration. Les longueurs d'onde plus longues pénètrent plus profondément et sont moins absorbées par la mélanine de l'épiderme.

nm (nanomètre)

Unité de mesure des longueurs d'onde, égale à un milliardième de mètre. En épilation, on rencontre notamment 755 nm (alexandrite), 808 nm (diode) et 1064 nm (Nd:YAG).

Fluence

Quantité d'énergie délivrée par unité de surface, exprimée en joules par centimètre carré (J/cm²). Plus elle est élevée, plus l'effet thermique est important, mais plus le risque d'effet indésirable augmente : elle s'ajuste selon le phototype, la zone et le poil.

Durée d'impulsion

Temps pendant lequel chaque tir est émis, généralement exprimé en millisecondes. Elle doit laisser le temps au follicule de chauffer tout en limitant l'échauffement de l'épiderme ; on l'allonge souvent sur les peaux plus foncées.

Fréquence

Nombre de tirs émis par seconde, exprimé en hertz (Hz). Elle conditionne la vitesse de travail, en particulier lorsque l'applicateur est déplacé en continu sur de grandes zones.

Spot

Taille de la surface couverte par un tir, exprimée en millimètres. Un grand spot traite plus vite les grandes zones, tandis qu'un petit spot permet de travailler avec précision sur le visage ou les zones étroites.

Technologies et équipement

Les principales sources lumineuses utilisées en épilation et les éléments de l'applicateur. Notre comparatif laser diode, IPL et alexandrite détaille leurs différences.

Laser diode

Laser à semi-conducteurs émettant une lumière d'une longueur d'onde précise, classiquement autour de 808 nm en épilation. Certains appareils récents combinent plusieurs longueurs d'onde dans un même applicateur pour s'adapter à davantage de profils.

Laser alexandrite

Laser à cristal émettant à 755 nm, longueur d'onde fortement absorbée par la mélanine. Il est surtout utilisé sur les peaux claires et demande une grande prudence sur les peaux foncées.

Laser Nd:YAG

Laser émettant à 1064 nm, dont la lumière pénètre profondément et est moins absorbée par la mélanine de l'épiderme. Il est couramment utilisé pour les peaux foncées.

IPL (lumière pulsée intense)

Technologie qui n'est pas un laser : une lampe flash émet un large spectre de lumière, filtré pour cibler la mélanine. Elle relève du même décret que le laser, avec une formation socle spécifique.

Refroidissement de contact

Système qui refroidit l'épiderme avant, pendant et après le tir grâce à un applicateur maintenu à basse température. Il protège la peau de l'échauffement et améliore le confort de la séance.

Saphir

Matériau de la fenêtre placée à l'extrémité de nombreux applicateurs : transparent, résistant et bon conducteur thermique, il transmet le froid à la peau. Une fenêtre rayée, fêlée ou sale doit être signalée au fabricant.

Peau, effets et précautions

Évaluer la peau avant chaque séance et reconnaître les réactions sont au cœur de la sécurité. Voir aussi notre guide des phototypes en épilation laser.

Phototype

Classification de la peau selon sa réaction au soleil, c'est-à-dire sa tendance à brûler ou à bronzer. Il guide le choix de la technologie et le réglage des paramètres, dont il est un critère réglementaire.

Échelle de Fitzpatrick

Classification de référence des phototypes, de I (peau très claire qui brûle toujours et ne bronze pas) à VI (peau très foncée qui ne brûle pratiquement jamais). Plus le phototype est élevé, plus les réglages doivent protéger l'épiderme.

Érythème

Rougeur de la peau apparaissant après la séance, réaction fréquente et attendue qui s'estompe en général rapidement. Une rougeur persistante ou douloureuse justifie un avis médical.

Folliculite

Inflammation des follicules pileux se traduisant par de petits boutons, qui peut survenir après une séance. Une bonne hygiène limite ce risque ; si elle persiste, le client doit consulter.

Hyperpigmentation

Apparition de taches plus foncées après une inflammation ou un échauffement de la peau. Le risque est plus élevé sur les phototypes foncés et les peaux bronzées ; souvent transitoire, elle peut durer plusieurs mois.

Hypopigmentation

Éclaircissement de la peau lié à une atteinte des cellules pigmentaires. C'est un effet indésirable à prévenir par des réglages adaptés au phototype et une attention particulière au bronzage récent.

Stimulation paradoxale

Effet indésirable rare dans lequel des poils plus denses ou plus foncés apparaissent, souvent en bordure des zones traitées, plutôt au visage et au cou. Le client doit en être informé.

Médicament photosensibilisant

Médicament qui rend la peau plus réactive à la lumière, comme certains antibiotiques ou certains rétinoïdes. Sa prise doit être recherchée avant chaque séance et constitue une contre-indication classique.

Contre-indication

Situation dans laquelle la séance ne doit pas être réalisée ou doit être reportée : grossesse par précaution, bronzage récent, lésions cutanées, prise de médicaments photosensibilisants, certaines pathologies. Sa recherche est obligatoire avant la première séance et avant chaque séance.

Test de tolérance

Tir d'essai réalisé sur une petite zone pour observer la réaction de la peau avant un traitement complet. Il est particulièrement utile chez un nouveau client ou sur un phototype foncé.

Réglementation et sécurité

Les termes du cadre français issu du décret n° 2024-470. Le détail figure dans notre guide complet du décret.

Décret n° 2024-470

Texte du 24 mai 2024, en vigueur depuis le 25 mai 2024, qui autorise l'épilation laser et IPL à visée non thérapeutique pour les médecins, les infirmiers diplômés d'État et les personnes qualifiées pour les soins esthétiques. Le Conseil d'État l'a confirmé le 12 mars 2026.

Formation socle

Formation obligatoire définie par l'arrêté du 19 février 2025, modifié le 11 août 2026 : 4 jours pour le laser, 2 jours et demi pour l'IPL, 5 jours pour les deux, avec premiers secours et remise à niveau d'1 jour tous les 5 ans. Exigée des infirmiers et esthéticiens, dont la date limite d'attestation est reportée au 1er septembre 2027 pour ceux qui pratiquent ; les médecins en sont dispensés.

Fiche d'information

Document remis au client avant la première séance, daté et signé par lui, qui l'informe des risques et contre-indications. Le client la signe avant la première séance ; elle doit être conservée 3 ans.

Traçabilité

Pour le laser, enregistrement des vérifications réalisées dans un document nominatif par client. Ce document est conservé 3 ans après la dernière séance.

Lunettes de protection

Équipement obligatoire protégeant les yeux du rayonnement laser pendant la séance. Elles doivent être adaptées aux longueurs d'onde de l'appareil.

Marquage CE

Marquage par lequel le fabricant déclare son appareil conforme aux exigences européennes applicables. Il ne vaut ni autorisation d'exercer ni dispense de la démonstration de l'appareil par le fabricant ou le distributeur.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre fluence et puissance ?
La puissance, en watts, mesure l'énergie émise par seconde par la source. La fluence, en joules par centimètre carré, mesure l'énergie effectivement reçue par chaque centimètre carré de peau lors d'un tir. C'est la fluence, avec la durée d'impulsion et la taille du spot, qui détermine l'effet sur le follicule.
Pourquoi l'épilation laser demande-t-elle plusieurs séances ?
Le laser agit surtout sur les poils en phase anagène, alors que les follicules d'une même zone ne sont pas tous dans cette phase au même moment. Plusieurs séances espacées permettent d'atteindre les poils au fil de leur cycle.
Phototype et couleur de peau, est-ce la même chose ?
Pas exactement. Le phototype décrit la réaction de la peau au soleil, selon l'échelle de Fitzpatrick, alors que la couleur visible peut varier avec le bronzage. C'est le phototype, complété par l'examen de la peau au jour de la séance, qui guide les réglages.
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